Christophe CHABOUTE. Tout seul. Delcourt. 368 planches

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Un homme vit seul dans un phare depuis 50 ans. Comment supporter la solitude ? (BOUM !!) Comment appréhender le monde extérieur ?

Un découpage très cinématographique pour un récit fort et empli d'humanité.

 

Chloé CRUCHAUDET. Mauvais genre. Delcourt. 160 planches

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Paul et Louise se marient, mais la Première guerre mondiale éclate. Pour échapper à l'enfer des tranchées, Paul se mutile et déserte. A la fin de la guerre, il doit néanmoins continuer à se cacher. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul devient Suzanne.

Bien plus qu'une simple histoire de travesti, cette BD met en lumière le traumatisme que créa la guerre dans le mental des hommes. Même sous les atours de Suzanne, Paul se révèle violent et extrême dans son comportement, jusqu'à l'issue fatale. Un récit passionnant, mais je n'ai pas adhéré au graphisme.

 

Pierre RAUFAST. La fractale des raviolis. Alma. 268 pages

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Une femme veut tuer son mari en l'empoisonnant avec un plat de raviolis. Mais l'arrivée du fils de la voisine va bouleverser l'ordre des choses. Ainsi qu'un souvenir de la femme. Alors commence une avalanche d'histoires, toutes reliées, telle une mise en abyme.

Un roman drôle et cruel, dont on croit qu'on ne verra jamais la fin. Des récits dans le récit dans le récit... Un style fluide et prenant. Coup de coeur ! Si la géométrie pouvait toujours être aussi jubilatoire !

 

Hiromu ARAKAWA. Silver spoon 8. Kurokawa. 182 pages

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Après sa défaite dans l'équipe de base-ball, Ichirô a disparu. Yûgo va apprendre que la mère du jeune homme est criblée de dettes et doit vendre sa ferme. Yûgo découvre ainsi la dure réalité financière du métier d'agriculteur.

Un rebondissement bienvenu, même si malheureux.

 

Makoto YUKIMURA. Vinland Saga 13. Kurokawa. 187 pages

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Arneis, Thorfinn et Einar sont emprisonnés suite à leur tentative de fuite. Ils doivent attendre le retour de maître Ketil pour connaître leur sanction. Mais à son retour, Ketil est devenu à moitié fou : le roi Knut l'a accusé de haute trahison pour s'emparer de ses richesses. Arneis, par sa grossesse, saura-t-elle apaiser son maître ?

Un dessin toujours magnifique, la folie guerrière et meurtrière des hommes. Ce manga est décidément à part dans la production actuelle par sa valeur historique et graphique (on peut conseiller dans le même genre "Thermae Romae" et "Cesare"). Dommage que le rythme de parution (un volume par an) soit si lent...

 

Kaede KOUCHI. Love so life tomes 4, 5 et 6. Delcourt

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Shiharu continue de s'occuper des jumeaux et les relations avec son employeur deviennent de plus en plus troubles.

Une kawaïtude totale, mais l'action traîne un peu en longueur. J'aimerais bien qu'ils se bisoutent, les deux là !

 

Aurélie NEYRET, Joris CHAMBLAIN. Les carnets de Cerise : Le dernier des cinq trésors (tome 3). Soleil. 72 pages

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Cerise s'est liée d'amitié avec Sandra, qui tient un atelier de reliure. Si elle sait magnifiquement s'occuper des ouvrages des autres, il en est un que Sandra n'a jamais réparé. De plus, Sandra semble avoir oublié des événements de son passé. Cerise va aider la jeune femme à se souvenir afin d'aller de l'avant.

Parfait pour les petites demoiselles ! Des personnages attachants, un très joli graphisme avec en alternance le journal de Cerise, une enquête. Un troisième tome égal aux deux premiers.

 

Evelyne BRISOU-PELLEN. Le Manoir : Nic et le Pacte des démons (tome 4). Bayard jeunesse. 430 pages

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Deux nouveaux fantômes arrivent au Manoir, mais par leurs propres moyens. Nic semble venir du Moyen Age, tandis que le mystère le plus complet plane sur l'identité de Suzanne. Liam est inquiet car Nic semble s'intéresser d'un peu trop près aux fantômes gris. Est-il à la recherche d'un gris en particulier dont il voudrait se venger ? Un seigneur ? Qui sacrifiait des enfants ? Et Suzanne, pourquoi une telle chape de culpabilité pèse-t-elle sur ses épaules ?

Malgré un début un peu lent, ce volume fourmille d'aventures en tout genre. On découvre aussi enfin l'identité du chef indien. Bref : vivement la suite en juin 2015 !

 

Neil POSTMAN. Se distraire à en mourir. Nova Editions. 254 pages

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Cet essai, écrit en 1985, montre de quelle manière la culture d'une nation peut péricliter. L'auteur considère deux hypothèses : celle d'Orwell qui, dans "1984", prédisait une manipulation, voire une suppression, de la culture via l'entité extérieure Big Brother. Et celle d'Huxley dans "Le meilleur des mondes" qui voyait que nous croulerions sous une telle masse d'informations que celles-ci perdraient leur valeur au point de devenir simple divertissement. Et c'est cette piste qu'explore Postman. Aux débuts des Etats-Unis, la population était alphabétisée à presque 100% (les pionniers étaient protestants et savaient lire la Bible et par conséquent, d'autres textes). Postman date le début du déclin avec l'apparition du télégraphe, qui, de par la vitesse de transmission de l'information, a fait perdre à celle-ci son importance et gagner en trivialité. Et rien ne s'est arrangé avec l'avénement de la télévision qui envisage toute information et toute forme de culture sous l'angle de la distraction (rentabilité oblige) : politique (le physique et la vie publique des politiciens sont plus importants que leurs idées), éducation (les programmes éducatifs doivent apprendre en amusant), religion (voir les télévangélistes), connaissances (sous forme de jeux, quiz...).

Passionnant car écrit de manière concise avec de nombreux exemples, cet essai fait aussi froid dans le dos. Car s'il concerne la culture américaine, force est de constater que ses théories se sont étendues à notre société. Et ayant été écrit en 1985, ce livre ne peut donc prendre en compte le bouleversement des nouvelles technologies (SMS, mails, Internet, réseaux sociaux) qui ont encore accéléré la vitesse de transmission des informations et qui déprécient leur valeur. Pas étonnant que certains mouvements actuels prônent un retour à la lenteur...

 

Paul VACCA. La petite cloche au son grêle. Livre de Poche. 168 pages

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Un adolescent vole le livre de la femme pour laquelle il ressent ses premiers émois amoureux. Proust. "Du côté de chez Swann". Quand sa mère découvre ce que lit son fils, elle ne peut cacher son enthousiasme. Elle-même grande lectrice, elle voit son fils devenir écrivain. Et l'arrivée de Proust dans cette famille de cafetiers va provoquer des remous dans tout le petit village du Nord.

Une écriture telle une madeleine trempée dans du thé : fine, délicate, subtile. Une relation mère-fils très émouvante et sensible. Un pied de nez au préjugé qui voudrait que la grande littérature ne soit réservée qu'à des puristes. Bref, une petite pépite pleine de délicatesse, la vraie !

 

Harry G.FRANKFURT. De l'art de dire des conneries. 10/18. 75 pages

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Ou comment la philosophie peut être drôle et décapante. Cependant, loin d'être un essai humoristique, cet ouvrage aborde des points importants de la question du langage, de la relation locuteur/auditeur, des rapports entre vérité et mensonge, des intentions et des effets. L'apport d'exemples est on ne peut plus bienvenu. J'aurais aimé que l'on m'enseignât la philosophie de cette façon, mais sur les trois années où j'aurais pu étudier cette matière, je n'ai eu en face de moi que des birbes pontifiants.

 

Jean-Philippe BLONDEL. 06h41. Pocket. 158 pages

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Le train Troyes-Paris de 6h41. Bondé. A son bord, une femme de 47 ans qui rentre chez elle après un week-end épuisant chez des parents vieillissants, perclus dans leurs habitudes. Il reste une place à côté d'elle. S'y installe un homme du même âge. Les deux se reconnaissent. Ils sont sortis ensemble quand ils avaient 20 ans et l'histoire d'amour s'est mal terminée. Chacun de leur côté, ils vont convoquer leurs souvenirs, faire le point sur leur vie. Sans se parler. Jusqu'à l'arrivée...

Mon premier roman "adulte" de Jean-Philippe Blondel et je reconnais tout son talent à inventer des personnages complexes, des vies, des destins, tout comme dans ses romans jeunesse. La même justesse de ton dans la description de la psyché humaine, de ses contradictions. Encore !